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Affichage des articles associés au libellé essai

Plaidoyer pour la curiosité

Des hommes couverts de nuages Petit et jaune: le livre est curieux. Et son contenu encore plus: un court essai formidable sur la curiosité, moteur de l'innovation. Par Miguel Aubouy, lui-même homo sapiens multicarte (chercheur et romancier pour le moins, et essayiste maintenant). Aux Editions Nullius In Verba, issues bien sûr du fameux "Nullius addictus judicare in verba magistri" d'Horace: que nul ne défère à la parole d'un maître! Ne vous soumettez pas à la parole d'autorité (bon c'est dans le bouquin tout ça mais j'aime bien!...) Un livre publié sous licence Creative Commons BY-NC: on en fait ce qu'on veut, sauf du pognon. Un livre dispo chez lulu.com qui comme son nom ne l'indique pas est le premier éditeur en ligne de livres auto-édités (1 000 livres par  jour, plus d'un million d'auteurs), créé par Bob Young, ancien CEO de Red Hat (logiciel libre).

Le bon, le vrai et le beau

Je suis un fan de François Cheng, de l'Académie française, et je me délecte de son dernier ouvrage: Cinq méditations sur la beauté , chez Albin Michel. François Cheng est un lettré chinois, débarqué en France dans les années 50 et qui depuis écrit en français. D'où une des langues les plus pures qu'il m'ait été donné de lire depuis longtemps. Il est avant tout poète, spécialiste de taoïsme et de calligraphie, mais aussi écrivain (j'ai adoré son roman L'Eternité n'est pas de trop ). Ici, il se pose simplement cette question, en s'excusant de n'avoir que peu d'autorité pour y répondre: "Pourquoi l'univers est-il beau, alors qu'il n'est pas obligé de l'être?". On ne peut concevoir le monde sans le bon, un minimum de bonté, et donc sans le mal ; ni sans le vrai, unminimum de vérité, et donc sans le mensonge. Mais on pourrait très bien le concevoir sans le beau... Il cite aussi bien Angelus Silesius: "La rose est sans ...

Penser la modernité, vaste sujet

Cahier LaSer, N° 8 : Auditions publiques... Philippe Lemoine, coprésident de Galeries Lafayette, anime régulièrement de grands rendez-vous , débats et réflexions, sur la modernité. Le dernier a eu lieu en janvier 2004 et a réuni 750 participants. Ce livre en est le compte-rendu. Il est assez mal foutu, pas de tables des matières, pas d'index. Pas très moderne, quoi! Il faut se donner le temps de le lire, il y a Edgar Morin qui cite Heidegger, Ph. Lemoine lui-même qui parle de "l'émiettement du cosmos" ... Mais il y a surtout un nombre incroyable de participants. Au final, un peu indigeste mais très utile. Et, si ça vous plait, le prochain rendez-vous est le 13 décembre: "Courir, mais vers où?" Pour s'inscrire .

Avec Internet, où allons-nous?

Avec Internet, où allons-nous ? Vous vous le demandez, moi aussi. Il fallait la réponse de quelqu'un qui vit tout çà de l'intérieur, qui le pratique et qui le fait avec intelligence et sensibilité.  Il dit des choses simples et fortes: "Internet est une coproduction de l'homme et de la machine." Ou encore : "Il faut séparer le complexe du compliqué...Ce n'est pas l'entreprise, la société, l'humain, le monde qui sont devenus plus complexes, c'est la manière dont nous les considérons qui a fortement évolué...Puisque la complexité est dans le regard, alors aborder la complexité nécessite de changer de regard." Toujours aussi rare en France de trouver quelqu'un qui soit penseur et homme d'action. En voici un !

Pourquoi j'ai mangé mon père

Pourquoi j'ai mangé mon père Il faut lire et relire ce petit livre qui se dévore. Traduit par Vercors. Publié en 1960 par un journaliste et sociologue, Roy Lewis (décédé en 1996), forcément britannique (vu la dose d'humour du bouquin). C'est une fable sur le progrès, à travers la vie d'une horde de pithécanthropes qui parlent comme vous et moi (beaucoup mieux même), tout en découvrant le feu et l'arc. A hurler de rire! Le père, Edouard, est obsédé par l'innovation: "Avec le feu et silex taillé, en avant pour la maîtrise du monde et notre horde à l'avant-garde!" ou encore : "Le secret de l'industrie moderne, c'est l'utilisation intelligente des résidus. " L'oncle Vania est le réactionnaire qui revient régulièrement en disant: "Back to the trees!".  Et nous, on regarde nos ordinateurs et nos blogs en se posant parfois quelques questions...